Jean Christophe était non seulement pour moi un ami très cher, mais il l'était également pour mon meilleur ami Hervé. Ensemble, nous avons tenu à lui rendre l'hommage qui lui est dû et jamais, les mots ne seront assez forts pour exprimer tout ce qu'il était pour nous ...

Voici l'hommage d'Hervé à son meilleur ami Jean Christophe avec la musique de Vangelis du film "Christophe Colomb" qu'il adorait : 

Cliquer sur le lien ci-dessous pour écouter la musique :

http://www.youtube.com/watch?v=zziXZc_YE44

 

   "Lettre à mon meilleur ami Jean-Christophe,

           Ce qui a marqué le plus tes proches, tes ami(e)s et, bien sûr, ta famille, c'est ton intelligence et surtout celle du cœur. Tu t'es toujours montré disponible aux autres et réellement à leur écoute. Ton amitié a toujours été fidèle, persévérante et sincère. J'en atteste : tu m'as tendu la main aux heures les plus difficiles de ma vie... Et tu l'as fait pour d'autres, nous le savons.

        Je garde un souvenir ému de nos discussions passionnées sur les découvertes scientifiques, sur la biologie, sur l'histoire des religions et des civilisations, par exemple. Ta curiosité était insatiable pour les livres et surtout auprès de tes amis. J'ai toujours été bluffé par l'étendue et la précision de ta culture générale.

       Ta capacité à t'émerveiller sur la vie, sur la complexité de la nature, tu l'as transmise à ta fille Justine. Nul doute qu'elle deviendra une grande océanographe ou un défenseur acharné des cétacés peut-être avec ma fille Maÿliss...

          Nous avons tous particulièrement apprécié ta très grande tolérance. Jamais tu n'as choisi tes amis selon leur origine sociale ou leur confession religieuse. Tes amis sont aussi bien musulmans, chrétiens ou même athées et tu partageais volontiers aussi ton attirance pour la sagesse du Bouddhisme. Tu me disais très récemment: « Toutes les religions sont d'accord sur l'essentiel et si seulement on y mettait tous un peu de bonne volonté !». Sur le Catholicisme, sans naïveté, tu venais d'attirer mon attention : « Ce nouveau Pape François me plaît bien. Tu te rends compte, Hervé, il est allé laver les pieds des plus humbles, sans protocole... Il va bien nous surprendre !».

         Toutes les injustices te révoltaient et, sur le ton grave de la confidence, tu me disais : « Le monde ne tourne vraiment plus rond...». Ton bonheur passait nécessairement par celui des autres sinon il ne pouvait être complet.

        Récemment nous discutions du courage extrême des soldats de la « grande guerre ». Notre échange n'avait rien de morbide et tu essayais, une fois de plus, de comprendre l'incompréhensible et de saluer leur héroïsme... Faut-il donc toujours que l'un d'entre nous se sacrifie afin de protéger les autres ?

          Sensible tu l'étais... Besoin d'aimer, besoin d'être aimé. Une alchimie toujours compliquée qui nous stimule tous mais qui nous empoisonne parfois. Tu nous as pourtant envoyé de discrets et réels signaux de détresse mais ta peur d'importuner les autres s'est révélée plus forte que l'expression de ta souffrance morale. Je n'ai pas compris : tu étais pourtant attentif à ta santé, convaincu des bienfaits du dépistage et de la médecine préventive. Mais ton point faible était ailleurs... Je t'avais imploré de prendre du lithium pour te protéger. Ô certes, il ne remplacera jamais l'amour d'une femme... Tu me répondais : « Oui Hervé, tu as raison mais on verra, plus tard ». Tu savais que le suicide tue 4 fois plus que la route, nous en avions parlé lucidement, plutôt pour les autres selon toi. Ton dynamisme et ton empathie nous ont laissé croire que tu étais très solide. Cette capacité d'auto-destruction est tapie en chacun de nous et il suffit d'un licenciement brutal, d'une grande humiliation ou d'une rupture sentimentale, par exemple, pour tout faire basculer... Tu savais pourtant que rien ni personne ne vaut la peine que l'on se détruise. Il sera toujours temps de savoir ce qu'il y a de l'autre côté du miroir...

         Tu nous parlais naguère du lien invisible et admiratif qui te reliait à ton grand-père, comme si tu pressentais de le retrouver. Ta fascination pour Capri en était le code secret. Nul doute qu'il t'a fait bon accueil...

        Et dire que tu t'imaginais avoir une dette envers moi, Jean-Christophe. Mais c'est tout le contraire ! Et je ne pourrais jamais plus l'honorer à ton égard...

    Madame Durand, Monsieur Durand, Jean-Christophe a été un fils et un père exceptionnel et je suis heureux de l'avoir considéré comme mon meilleur ami."

- Hervé -



Photos de la villa San Michele que tu affectionnais tant

et qui avait une histoire particulière pour toi ...